Éducation et technologies : un défi européen

 Education et technologies : un défi européen

Les technologies numériques sont aujourd’hui partout et il ne se passe pas un instant sans que nous ne fassions appel aux différents outils disponibles : jeux et loisirs, recherche et échanges d’informations, réseaux sociaux, travail collaboratif, communications, … De plus en plus, ces outils cernent le monde de l’éducation, au point que le nombre d’applications à vocation éducative arrive en seconde position dans l’Apple Store tandis que les MOOCs ont le vent en poupe. L’intégration du numérique au sein du système éducatif est un véritable enjeu européen qui fait intervenir plusieurs acteurs et met en lumière les limites qui sont analysées dans un rapport publié récemment par le STOA, un service du parlement européen.

Difficile en effet d’imaginer que la profusion et le développement d’outils numériques dans tous les domaines ne finissent un jour par être utilisés de façon régulière dans le domaine de l’éducation. Des infographies comme celle-ci illustrent parfaitement les impacts possibles et même les idées en cours d’expérimentation. Alors même que ces expériences sont tentées un peu partout dans le monde pour intégrer les outils numériques dans la démarche éducative, l’approche n’est pas toujours aussi évidente qu’il peut paraitre surtout lorsqu’il s’agit de prendre des décisions politiques.

Mesurer l’impact et assurer l’accès aux technologies de l’éducation

Il ne suffit pas de faire entrer la technologie dans une salle de classe pour que se produise un miracle. Et avant même d’envisager une utilisation généralisée de cette dernière il est important de mieux comprendre et connaître les impacts réels de ces outils sur les personnes qui les utilisent : quels en sont les effets positifs (accroissement de la motivation, des interactions, des capacités multitâches, …) et quels en sont les impacts négatifs possibles (diminution de la mémoire, addictions, baisse des capacités de concentration, …) ? Or les études à grande échelle manquent dans ce domaine pour avoir une vision claire.

Au-delà des impacts sur les apprenants, il convient également de faire un point des disponibilités techniques. Car pour que les technologies de l’information soient utilisées par tous en Europe, il faut que chacun puisse avoir un accès égal aux moyens nécessaires : accès aux réseaux rapides, disponibilités des appareils mobiles et nature de ces appareils (téléphones, tablettes, ordinateurs portables, tableaux interactifs …), supports techniques, …

Extrait du rapport du STOA sur l'éducation et la technologie en Europe

Nouveaux contenus, nouvelles méthodes pédagogiques

Une fois ces aspects soulignés, il demeure la question des contenus. Car même si les ceux-ci peuvent désormais être produits de façon collaborative, le support de base actuel reste le support papier et les livres que l’on trouve dans tous les établissements. Il s’agit d’assurer une transition qui constitue un véritable défi pour les producteurs actuels qui peinent à effectuer ce virage si loin de leur modèle classique. D’autant plus que les contenus eux-mêmes sont susceptibles d’évoluer compte tenu des nouvelles possibilités tout en tenant compte des aspects juridiques et réglementaires (les programmes définis par les autorités) et des nouvelles façons d’enseigner qui font leur apparition ces dernières années. Car, comme nous l’avons dit plus haut, il ne suffit pas de mettre des ordinateurs ou des tablettes dans une salle pour que l’apprentissage devienne plus efficace et ces réflexions alimentent les nombreux blogs portant sur le sujet (comme cet article sur le site Edtechreview ou encore cette page du site Canadien Carrefour Education qui renvoie vers une 20aine d’infographies portant le thème “Utiliser les technologie, apprendre, comprendre”). Le risque majeur étant la “gadgétisation” des outils numériques. Certaines observations montrent même que le résultat obtenu peut être l’inverse en terme de performances. Dès lors, c’est tout un domaine de recherches, menées partout dans le monde, qui doit être développé pour mieux appréhender les méthodes efficaces parmi toutes les voies explorées : le mlearning (apprentissage mobile), le 1to1 (un appareil numérique par personne), le BYOD (chaque élève apporte son appareil), l’apprentissage personnalisé, le flipped learning, la gamification …

Le rôle des différentes parties prenantes : un enjeu éducatif et économique

Tout en s’assurant de la disponibilité au niveau européen des aspects techniques et matériels ainsi que des contenus et des meilleures pratiques éducatives, il convient de faire en sorte que chacune des parties prenantes joue son rôle : les enseignants doivent faire évoluer leur méthodes, les parents doivent mieux comprendre l’usage des technologies et créer un environnement favorable (lorsque, l’environnement socio-économique permet l’équipement, voir l’image ci-dessous), les fournisseurs de contenus classiques doivent évoluer pour faire face aux nouveaux concurrents que sont par exemple les Gafa, les chefs d’établissement qui sont un élément moteur pour le développement de ces outils au sein de leurs établissements (voir “How Schools are Using Apps to Engage Students, Parents and the Community“), mais également les fabricants de matériel européens qui se laissent distancer par la concurrence américaine et asiatique.

Accès à internet selon le revenu : une clé pour l'éducation numérique parentale

Le développement de la connaissance en Europe, et ses conséquences économiques dans un environnement mondialisé, passera pas un bon usage et un accès général des nouvelles technologies dans les pratiques éducatives. Mais celui-ci ne sera efficace que s’il est fait de manière réfléchie en tenant compte des différents paramètres sur lesquels les autorités peuvent jouer. Nous sommes toujours en pleine période de découverte et d’expérimentation et tous les aspects doivent être pris en compte afin que les usages dans l’apprentissage et l’enseignement se fassent de façon efficace. Et que chacun se les approprie.

Leviers d'actions pour les autorités pour développer l'éducation numérique en Europe

Ces différents points sont présentés dans le rapport de la STOA qui existe en en version synthétique de 20 pages et analysés plus en détail dans sa version complète de 134 pages.

Tous les graphes utilisés dans cet article sont extraits de la version complète du rapport.

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